Logement et campagne électorale…

Une période particulière et des candidats à la magistrature suprême pas toujours concernés ni très inventifs… alors que l’immobilier l’est (inventif), non ?

Editorial du 17 janvier

Cette semaine encore on « découvre » que l’objectif des 250 000 logements sociaux en 2 ans « risque » de ne pas être atteint. D’abord, la presse confond trop souvent programmation (les agréments administratifs) et la production réelle. Ensuite, et surtout, répétons le ici, les signataires ne croyaient pas eux-mêmes à cet « engagement »… mais ont accepté l’invitation politique qui leur était faite, espérant peut-être obtenir, ici ou là, quelque compensation ou bienveillance gouvernementale. Bref, encore un effet de cette mode de fausse contractualisation – en plus entre acteurs de la sphère publique ! – qui s’avère souvent n’être qu’une opération de communication, au cas d’espèce ratée, le démenti des chiffres étant cinglant. 

Contractualisation justement. C’est ce que propose le groupe Logement de Terra Nova à la veille de l’élection présidentielle. Une vraie contractualisation entre l’Etat et les territoires (et les HLM, bien entendu) pour une politique du logement différenciée, donc plus efficace selon les auteurs. Difficile de leur donner tort sur ce point, face aux constats… mais une véritable mise en œuvre, à rebours des pratiques, devrait surmonter bien des obstacles. Un dossier pour un nouveau mandat présidentiel ?

Editorial du 24 janvier

On a appris qu’Action Logement, non seulement tenait ses objectifs en matière de production de logements sociaux, mais encore qu’il le faisait en cette année de basses eaux pour le secteur. Les filiales HLM du groupe paritaire, un mastodonte de plus de 900 000 logements, parviennent à faire plus du tiers de la production (agréments) alors qu’elles ne pèsent – en parc- pas plus du cinquième… 

Après trois ans de Loi Élan, les députés planchent sur son bilan Logement social… Au programme, notamment, la restructuration du secteur et les conséquences financières. Sans avoir besoin de lire dans le marc de café, on sait déjà que les regroupements sont globalement une bonne chose du point de vue des acteurs eux-mêmes et que les impacts financiers (en particulier de la RLS) ont été très maîtrisés durant la période grâce aux mesures d’accompagnement et surtout le maintien de taux très bas. Les trésoreries seraient à des niveaux jamais atteints selon certaines sources…

Mercredi de la semaine prochaine, l’un des grands rendez-vous national « Logement » se tient à quelques semaines du 1er tour de la présidentielle et la Fondation Abbé Pierre, au-delà de la présentation de son rapport et du bilan qu’elle fait du quinquennat, donnera la parole aux candidats et à leurs représentants… La Macronie – dont le champion ne s’est pas encore déclaré – y sera-t-elle représentée ? 

Et au sujet du mal logement, à sa manière, Rodho illustre une des manies (avec la création de « numéros verts ») de ce quinquennat qui s’achève… La numérisation comme réponse aux maux de notre (nouveau) monde ?

Editorial du 31 janvier

C’est de bonne guerre : habitude de nos gouvernants comme du secteur et présidentielle, la ministre du Logement se félicite de bons chiffres de la production de logements sociaux. On le sait, il ne s’agit nullement de production (ni de mises en chantier ni encore moins de livraisons qui interviendront au mieux dans 3 ans, et avec un taux de chute constaté dans le passé de l’ordre de 20%) mais d’agréments administratifs. Et même avec cette correction de langage, on reste loin de l’objectif « contractualisé » de 250 000 logements en 2021/2022 ! Une bonne nouvelle toutefois : le nombre de PLAI (le logement très social) augmente fortement, même si les besoins sont encore loin d’être couverts.

La Cour des comptes, elle, fait un bilan bien triste de la Loi Dalo et pointe, au-delà de l’Etat, la responsabilité combinée des collectivités et des bailleurs… Vieille histoire que cette gestion des différentes files d’attente dont la complexité peut masquer parfois les réticences observées…

Tous ces sujets seront abordés, avec d’autres, mercredi lors de la traditionnelle présentation du rapport de la Fondation Abbé Pierre sur l’état du mal logement. Et le doute, le mystère planait encore en fin de semaine sur la présence et/ou l’intervention éventuelle d’Emmanuel Macron… 

Editorial du 7 février

On attendait bien sûr avec grand intérêt l’une des deux grandes manifestations Logement annuelles, d’autant plus alléché que les candidats à la présidentielle devaient y présenter leur programme « Logement ».

Quelle déception ! Non pas vis-à-vis de la qualité des présentations et démonstrations de la Fondation Abbé Pierre mais bien sûr après les piètres prestations des candidats. On ne va pas ici tirer sur l’ambulance, la presse généraliste l’a déjà largement fait. Rien de bien neuf : à Gauche, encadrement des loyers et plus de logements sociaux, à Droite, on veut favoriser l’accession à la propriété.

C’est aussi que les favoris des sondages n’avaient pas fait eux-mêmes le déplacement. Valérie Pécresse s’est faite remplacer, l’extrême droite était absente et l’actuel Président (mais non encore candidat) a répondu, via une vidéo enregistrée quelques jours avant, aux questions sur son bilan, qu’il a défendu droit dans ses bottes…

Sénateurs et députés qui finissent par s’entendre pour une loi 4D devenue 3DS… après tant de péripéties et d’espoirs (une grande ambition déçue de l’avis de beaucoup, mais en privé) : « Pas le grand soir » mais des avancées comme l’exprime France Urbaine…

Editorial du 14 février

Le logement en campagne ? Une volonté exprimée par tous les acteurs de la filière, dans un beau consensus qui masque les quelques – parfois sérieuses – divergences d’intérêts et d’interprétations… Hélas, et malgré tribunes et communiqués, on sent bien que le sujet #Logement ne fait toujours pas recette. 

Sauf peut-être à Droite (très à Droite) si on en croit un tract du candidat Éric Zemmour qui met bien, lui, le logement social au cœur de ses priorités, mais pour le dézinguer.

Du côté des (vrais) spécialistes du logement social, on vient de révéler un catalogue de presque cent « propositions », autant de grandes pétitions et d’évidences que de mesures très techniques sans oublier bien sûr des revendications bien assumées et déjà fortement exprimées (APL, RLS, TVA, etc.). 

95 demandes donc, ordonnées en « 6 axes », qui méritent lecture attentive mais dont le schéma d’ensemble apparaît mal, d’autant que le Mouvement HLM ne profite pas de l’occasion pour évoquer le moindre changement dont il pourrait être lui-même l’initiateur… dont il aurait la maîtrise. Il est vrai que l’exercice, convenu en période d’élection présidentielle, ne porte guère à balayer devant sa porte, en HLM comme ailleurs !