Et le Logement Mme Borne ?

Editorial du 23 mai 2022

Tout ça pour ça ?  Plus de trois semaines pour aboutir à une composition sans grande saveur et qui suscite bien des interrogations. Par exemple, comment l’Administration fera-t-elle pour gérer le double pilotage ministériel entre l’Écologie (le grand ministère) et la Transition énergétique d’Agnès Pannier-Runacher ?  L’absence – très remarquée – du Logement en tant que tel dans les préoccupations du Pouvoir aura nécessité, au détour de quelques déclarations comme celle d’Amélie Montchalin ou d’un communiqué sur la planification écologique, un travail minutieux d’enquête ! Et pour l’heure, mis à part le Bâtiment (la FFB), toute la filière, du très social au privé s’étonne, peste, vitupère, réclame un ministre du Logement ! Le Château aurait murmuré qu’ « éventuellement », un secrétariat d’État ou un ministère délégué pourrait être créé après les législatives…

Il faut bien dire que le succès ne fut pas au rendez-vous avec le Logement durant le premier quinquennat.

Pas même une allusion lors de la nomination du 1er gouvernement du nouveau Président Macron en mai 2017 et un Richard Ferrand obligé de dire « C’est moi le ministre du Logement » lors d’une passation des pouvoirs avec Emmanuelle Cosse, bricolée à la hâte, puis une attente de plusieurs mois avant que le premier salarié d’En Marche (un des Mormons de la « Macronie ») devienne titulaire du portefeuille Logement. Lequel Julien Denormandie, passé à l’Agriculture il y a juste 2 ans, pourtant donné premier ministrable, déclare maintenant quitter la politique pour se consacrer à sa famille. De son temps donc, pas de choc d’offre malgré la promesse enflammée, une brutale RLS subie comme une agression par le Logement social (sans parler du sparadrap de la baisse des APL concomitante), une gestion hasardeuse de la réforme d’Action Logement malgré des alertes de son administration, le succès très relatif (euphémisme) des dispositifs portant son nom ( les fameuses douches et l’investissement dans l’ancien)… 

Emmanuelle Wargon qui lui succède aura tenté de faire mieux et de corriger quelques erreurs de son prédécesseur mais pour l’essentiel, malgré une vraie appropriation des dossiers, n’aura guère fait bouger les choses dans un contexte très morose (pandémie, guerre Russe notamment) : elle joue la députation près de Paris et quitte les palais, elle qui était censée représenter (avec quelques autres, rares) l’aile Gauche de la Macronie. Mais bon, aujourd’hui même, elle donne du crédit à (et appuie) l’hypothèse d’un gel des loyers dans le cadre des mesures « pouvoir d’achat » qui sont attendues sous peu. 

Affaire(s) à suivre !

Guy Lemée