2019... démarre fort !

01/03/2019
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Sur fond de gilets jaunes et de grand débat, ces premières semaines de 2019 confirment le climat d'incertitude qui traverse la société française, de la sphère politique, nationale et locale, aux acteurs de terrain du Logement.


Le coup de crayon de Rodho, dont le dessin a été retenu pour la couverture du hors-série HCL Logement social : Panorama et acteurs illustre bien la situation, non ?


Voici les éditoriaux des prem!ères Lettres HCL de 2019 (abonnés) :


25 février


La séparation des Pouvoirs… quelle belle chose inspirée, après l’Antiquité, de nos voisins d’Outre-Manche qui mettaient en pratique son principe dès le 17ème siècle ! Après Montesquieu, Rousseau et la Déclaration des Droits de l’Homme de 1789, la France a su s’en emparer avec bonheur le plus souvent, allant même jusqu’à en faire bénéficier de fait  le 4ème pouvoir avec sa formidable loi sur la liberté de la presse.


Ce qu’il est convenu d’appeler « l’affaire Benalla » (avec d’autres, on s’était risqué au parallèle du « sparadrap du Capitaine Haddock ») nous en donne quelques exemples positifs ou inquiétants avec les risques de mésusage. La presse est bien dans son rôle d’information (par exemple de ce que le Pouvoir et les élites parfois cachent), le Parlement de contrôler le Gouvernement, et l’exécutif de faire respecter les prérogatives et droits de chacun. Simple, non ?


Tout ça pourrait sembler éloigné des considérations des acteurs de la sphère du Logement, notamment dans les territoires. Et pourtant. La période est à célébrer la transparence en toute circonstance, à mesure inverse semble-t-il trop souvent, des manières des (nouvelles) élites politiques et économiques.


On ne peut diriger une démocratie en brandissant un pseudo secret des affaires.


Certaines grandes politiques publiques, même si elles peuvent parfois mieux s’élaborer loin des projecteurs de l’information, ne doivent certainement pas se décider et se conduire à l’abri de tout regard.


Et les Politiques Logement – et singulièrement celles du Logement social - en sont un excellent exemple, non ?


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18 février


Ce que beaucoup retiennent et vivent - parfois dramatiquement - est la violence qui se manifeste avec ce « mouvement » des gilets jaunes, si divers et qui pourtant recueillait une majorité d’opinions favorables dans le pays. La multiplication des séquences lasse certainement tout comme - heureusement - les débordements, notamment verbaux, auxquels chacun peut assister. Une image de quelques-uns de nos concitoyens               (discours de haine, manifestations racistes et antisémites, etc.) qu’on espère loin de la réalité et de la grande majorité d’entre nous. On espère…


La France des (grandes) villes et de l’urbain semble bien changer son fusil d’épaule et, finalement, refuser le « modèle Lyonnais » de fusion des métropoles avec les départements concernés. Après Bordeaux, Lille et Nantes, c’est Nice et Toulouse qui renoncent à l’idée portée par le Président Macron. Resterait donc Marseille…


Sur le front du Logement, un éminent représentant de la Macronie, le jeune ministre Julien Denormandie, serait ébranlé par les chiffres et les alertes en provenance du secteur, notamment HLM. Qui s’en plaindrait ? Après avoir, non seulement laissé faire, mais argumenté l’action de ce Gouvernement « contre » le Logement, notre « Mormon » - du surnom donné au groupe de la jeune garde ayant accompagné la fulgurante ascension de notre Président – va devoir tordre le bras à Bercy, et, si ce n’est mettre officiellement de l’eau dans son vin, prévoir de substantielles mesures de compensation. La Caisse des dépôts (qui d’autre ?) à nouveau appelée à la rescousse très certainement (voir nos informations).


Coïncidence ? Dès l’annonce de la conférence de presse « Grand débat » organisée ce 20 février par le Mouvement HLM avec le Bâtiment, de grandes associations d’élus locaux et la Fondation Abbé-Pierre, le ministre du Logement a appelé le Président du Mouvement HLM pour un rendez-vous « urgent »…


ps : « Grand débat »  - décompte en fin de semaine dernière, 377 sur 86 395 propositions (partie fiscalité et dépenses publiques) !


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11 février


Le logement est vraiment, et contre toute attente, un des grands absents du « Grand débat », ou alors, il y figure en creux, ou en « négatif » avec les attaques contre l’immobilier ou les bailleurs sociaux. C’est dit.


Mais par le logement passent la revitalisation des centres anciens délaissés et une bonne partie des économies d’énergies (et de gaz à effet de serre). Et Julien Denormandie, qui donne son nom à un dispositif de défiscalisation dans l’ancien, l’a compris et – contre le sens du vent du moment- annonce le détail de cette nouvelle niche fiscale ces jours–ci.


Mais le logement reste aussi au cœur des préoccupations de la Caisse des dépôts, on le sait, et c’est même confirmé par son DGA, Olivier Sichel, qui concluait la première convention nationale des collaborateurs de  la Banque des Territoires. Et ce connaisseur du numérique de publier un message sur Twitter annonçant un « second Plan Logement », message supprimé après nos demandes. Communication anticipée par mégarde ou erreur de touche ?


Affaires (s) à suivre !


 


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4 février


Les choses se compliquent pour le Gouvernement. Et les gilets jaunes n’y sont pour rien. La production de logements, y compris sociaux, avait été mise en tension et fait le plein des mesures positives du quinquennat précédent… ce qui devait assez banalement conduire à une pause !


Mais voilà, au-delà des apparences (par exemple l’entente cordiale avec Action Logement et la Fédération du Bâtiment), même ceux qui objectivement voulaient soutenir le nouveau Pouvoir ne peuvent que constater que loin d’une pause, on assiste à une véritable dégringolade de l’activité du secteur. Aujourd’hui, le Gouvernement (Julien Denormandie en tête) ne veut plus parler de chiffres… Ils sont pourtant désormais tout à fait officiels et la méthode qui a consisté à fragiliser le secteur HLM et à déconsidérer l’immobilier (versus la finance qui alimenterait l’activité) n’aura pas été pour rien dans cette situation.


Le traditionnel rapport annuel de la Fondation Abbé Pierre, rendu public et présenté ce 1er février, non seulement expose et documente directement et indirectement les besoins Logement du pays, mais fustige cette politique - « incompréhensible » selon le mot d’un de ses dirigeants -  qui, notamment au plan fiscal, contredit les objectifs officiels annoncés. Comment réduire les inégalités en baissant les APL et en fragilisant le secteur HLM ? Julien Denormandie, de sa voix douce, n’a convaincu personne avec ses réponses.


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28 janvier


«Le grand débat national », aujourd’hui, loin de s’emparer du sujet Logement (social) semble être l’occasion pour le Pouvoir de tirer à boulets rouges contre le Logement social. Ces derniers jours, en public et sous l’objectif des caméras de télévision, on a entendu le Président Macron fustiger les acteurs HLM puis son ministre de l’Education reprendre l’idée que les APL contribuent à l’augmentation des loyers (ce qui ne peut pas être le cas pour ceux du Logement social, réglementés) !


Ce qui ne doit guère faciliter la tâche de Julien Denormandie qui travaille avec ces acteurs et prépare une importante réunion de travail pour ce mercredi.


Il s’agit de la fameuse « clause de revoyure » obtenue après la brutalité des annonces et de la mise en place de la RLS (jusqu’à 1,5 MDS d’€ de prélèvement sur les ressources des bailleurs), processus dans lequel les HLM et l’ensemble du monde du Logement social mettent leurs espoirs. Le parti pris par le Mouvement HLM est de ne pas alimenter la polémique et, à bas bruit, de travailler et de tenter de convaincre.


Selon nos informations (d’avant prise en compte par le Pouvoir de la crise des gilets jaunes) il y avait peu d’espoir que « Bercy » lâche quelque chose de substantiel, notamment après les conclusions de l’Ancols sur le milliard d’économies de gestion à portée des bailleurs…


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21 janvier


Le « grand débat national » occupe, et c’est bien normal, tout l’espace de l’actualité, ou presque.


Les parlementaires – surtout ceux des oppositions – restent très prudents, craignant de se voir ensuite imposer par l’exécutif des mesures qui seraient issues « du peuple ».


Les élus locaux et surtout les maires ont de bonnes chances de reprendre un peu la main face à un Pouvoir quasi-exclusivement incarné par le Président Macron. Même l’ex-sénatrice Jacqueline Gourault, la nouvelle ministre « de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales », dont s’était pourtant la principale mission de renouer avec eux, est quasi invisible (inaudible ?).


Que dire alors de Julien Denormandie, ministre du Logement rattaché à la précédente, totalement inconnu du grand public - et ce n’est pas lui faire offense que de le rappeler- que des voix de l’immobilier appellent à, justement, donner de la voix pour faire reconnaître le poids économique du secteur.


Et curieusement, le Mouvement HLM, après avoir tonitrué des mois durant, ne semble pas (encore ?) saisir la balle au bond à l’occasion de ce « grand débat ».


Affaire(s)… et débat(s) à suivre !


 


 


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14 janvier


Difficile dans ce contexte d’évoquer dans ces lignes le Logement, un thème curieusement absent des débats actuels (voir cependant notre petit dossier spécial) …


Bien sûr, l’actualité, le grand sujet du moment, c’est à juste titre le « grand débat » qui débute demain.


Bien sûr, on peut regretter que le Pouvoir ne se soit lancé dans l’aventure que face à une bronca protéiforme et évolutive, dont une partie des revendications reste contradictoire, voire carrément impossible à satisfaire ! Et on ne (re)parle pas des violences, qu’elles soient réelles, dans la rue, ou écrites et verbales, en particulier via les réseaux sociaux !


Bien sûr, on peut regretter que les élus locaux n’aient pas été associés, et au premier rang les maires, eux qui désormais sont certainement très bien placés pour organiser les choses et leur donner du crédit.


Bien sûr, on peut regretter les postures du Pouvoir qui écarte d’emblée certains sujets, parfois à juste titre (qui veut vraiment remettre en question la suppression de la peine de mort ou le mariage pour tous ?), quelquefois par raideur avec l’ISF.


Bien sûr, on peut regretter la liste de 32 questions posées, qui, forcément, loupe bien des sujets et met l’accent sur certains de manière confuse voire inutile.


Mais bon, l’expérience - inédite depuis au moins les Etats généraux de 1789 promulgués par édit royal en janvier de cette année - donnera ce que nous en ferons collectivement. Les élites joueront-elles complètement le jeu et sauront-elles en tirer le meilleur ? Le pari est loin d’être gagné mais le pire n’est pas toujours certain, non ?


 


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7 janvier


Après les excès des fêtes (pour certains) … une lettre « légère » ce lundi (*) qui reflète la pause habituelle de cette première semaine de l’année. Enfin, une pause administrative, parlementaire, juridique, documentaire même, alors que l’actualité n’a pas vraiment connu de pause avec les soubresauts et les violences du mouvement des gilets jaunes.


Cette date du 7 janvier ne peut que nous rappeler les épisodes sanglants qui ont débuté ce jour-là de 2015, et qui avaient mis à dure épreuve la cohésion nationale. La France ne s’en était pas mal sortie, non ? Mais aujourd’hui, nul ne sait vraiment quelle tournure peuvent prendre les choses : entre réformes et attentes déçues, entre Grand soir et petits pas, entre système (business as usual)  et anti-systèmes…


Quel contraste avec l’espoir né de l’élection présidentielle !


L’an dernier, on vous proposait indirectement nos vœux « disruptifs » sous le crayon de Rodho


2019 nous réserve bien des surprises, n’en doutons pas.


Bonne année constructive donc !


Dernière(s) heure(s) : Matignon annonce une intervention télévisée d’Edouard Philippe ce lundi au 20h00 de TF1


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