Un duo pour une "nouvelle stratégie Logement"

20/09/2017


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Le ministre Jacques Mézard le dit lui même en introduction de cette conférence de presse tenue entre midi et deux ce mercredi : c'est à deux voix qu'est présentée officiellement la stratégie.  Peu ou pas de révélation ni de véritable surprise. Pour l’essentiel des confirmations de ce qui circulait et  quelques (rares) précisions mais beaucoup de questions qui restent posées. Les objectifs sont indiscutables : construire, plus, plus vite, mieux et moins cher. Et quand on y ajoute qu’il faut réformer ce qui ne marche pas et améliorer efficacité et justice, notamment sociale, on ne peut qu’applaudir, comme à chaque annonce de chaque ministre depuis des années, ou presque. Sauf l’éphémère Richard Ferrand qui lors de son installation déclarait justement que beaucoup avait été fait et qu’il ne serait pas le ministre d’une grande loi Logement .


A ce rappel par HCL, le ministre Mézard, (courroucé ?) répond qu’il n’a pas à commenter les propos de son prédécesseur… et toujours à HCL qui lui demandait comment convaincre les acteurs et professionnels qui, de quasi tous horizons dénoncent méthode et mesures, le même Jacques Mézard affirme qu’il a rencontré au moins une organisation qui le matin même lui disait que ces projets « allaient dans le bon sens ».


On a quand même appris des choses précises parmi lesquelles on relève le projet d’une structure dédiée (chez Action Logement ?) qui porterait le parc HLM destiné à être vendu (principalement à ses locataires sans changement de la réglementation actuelle qui leur confère une large priorité) , le maintien en l’état des textes sur la SRU (25%, délais, etc) et Thierry Repentin cité ce qui pourrait valoir prolongation de son bail à la présidence de la Commission qui suit ce sujet… mais aussi que J. Mézard n’est pas en l’état favorable à mettre la question de la fiscalisation (l’IS) des bailleurs à l’ordre du jour, souhaitant, dit-il, « ne pas braquer trop ses interlocuteurs ».


Ce que retiennent les HLM, c’est la confirmation de l’opération : baisse des APL = baisse des loyers sociaux = baisse des coûts de financement. Julien Denormandie précise que le gain pour les bailleurs serait de l’ordre de 1,4 Md€ par an… mais il n’a pas souhaité « entrer dans les détails trop techniques ». On imagine que le principal moteur serait d’allonger la durée des prêts en cours (qui sont déjà de plus de 30 ans à 50 ans pour le foncier). La Caisse des dépôts (le fonds d’épargne, le coffre-fort de l’épargne populaire) risque d’être (encore) mise à contribution…


Affaire(s) à suivre !


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