Politique Logement : Nicolas Sarkozy, ses propositions

11/10/2016


L’accession, solution miracle, selon Nicolas Sarkozy !

« Je propose que l’Etat garantisse à toutes les banques l’apport personnel  des primo-accédants », a annoncé Nicolas Sarkozy, ancien président de la République et candidat aux primaires LR, ce 10 octobre 2016, devant les agents immobiliers du réseau Orpi, présidé par Bernard Cadeau, réunis sur le thème « Le logement au cœur du débat politique » au Palais des congrès à Paris.

La garantie de l’Etat porterait sur un apport représentant « 10 à 15 % » du montant de l’acquisition, « sous plafonds de ressources et d’achat », a précisé le candidat, l’accédant remboursant l’Etat par la suite. Il propose cette garantie car « le PTZ a toujours été refusé par les banques comme mise d’apport personnel » et que les taux sont aujourd’hui bas. Pour soutenir l’accession, il propose aussi de « supprimer toute imposition jusqu’à 400 000 euros en cas de succession. (…) On doit pouvoir laisser son bien à ses enfants ».

Par ailleurs, il s’engage également à rétablir, pour la durée du mandat présidentiel, l’exonération d’imposition de plus-values sur les bien détenus depuis plus de 15 ans.

Le programme logement de Nicolas Sarkozy passera donc par la relance de l’accession à la propriété, pour les classes moyennes mais aussi pour les locataires Hlm. Dans la chaîne du logement, il estime que « le logement social doit être transitoire. (…) Il doit correspondre à un moment de la vie. Ce n’est pas un projet de vie ». Et si on arrive à faire partir des ménages vers l’accession ou le parc locatif privé, cela créera  de la place, répète-t-il, estimant qu’« il faut réserver le logement social pour ceux qui en ont vraiment besoin ». Quand aux obligations de construire des logement sociaux. , « je veux changer la règle. Elle doit porter sur le flux et non pas sur le stock. Si dans l’année une commune crée 150 logements, il doit y en avoir 30 de sociaux », a-t-il annoncé. « Je conteste aussi l’idée que l’immeuble est social car il a bénéficié d’un certain type de financement », a indiqué Nicolas Sarkozy.

Quant aux migrants, d’accord pour loger ceux qui sont chez nous, mais pas plus tant que les possibilités de logement ne sont pas suffisantes. D’où sa proposition de « supprimer le regroupement familial » » et « de mettre un verrou à l’entrée».

« Je veux supprimer toutes les lois qui encadrent stupidement l’investissement dans l’immobilier », a-t-il annoncé.  Lois qui, selon lui, « conduisent à l’effet inverse ». L’encadrement des loyers ? « Je suis contre »., répond-t-il,  affirmant que la loi Alur, en cas d’élection, serait supprimée « tout de suite ».  Plutôt que d’encadrer les loyers ou de créer un contrat unique , « je préfèrerais que L’Etat garantisse les locataires de bonne foi qui ont un CDD».

Comme bien d’autres politiques, il  répète : « je veux que l’on augmente la production pour faire baisser les prix ». Sauf que, comme lui a fait remarquer Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé-Pierre, cela fait trente ans que les responsables tiennent ce discours et il y a aujourd’hui , selon le rapport de la Fondation, 3,8 millions de personnes en situation de mal logement en France et 140 000 SDF .

Quant au mot de la fin : « pour moi le mot propriété ce n’est pas un gros mot », a conclu Nicolas Sarkozy. Du petit lait pour nombre des personnes invitées. Mais pas toutes. « Il n’a pas changé », nous a confié l’un d’eux.

Martine Vankeerberghen




NB : OrpiLab est un panel qui réunit des acteurs du secteur du logement Pour cette première, Orpi avait pré-sélectionné une douzaine de personnes et leurs questions, mais aucune de journalistes pourtant très représentés dans la salle. Selon nos informations, le prochain invité serait Emmanuel Macron, ancien ministre de l’Economie et des finances.


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